Plus d’une centaine de
prostituées ont manifesté jeudi après-midi entre Jean Macé et Préfecture pour
protester contre les méthodes policières à leur encontre. Traquées par les
arrêtés municipaux dans tous les quartiers où elles s’installent, les
prostituées doivent subir en permanence l’enlèvement de leurs camionnettes par
la fourrière et des PV à répétition. Ce
zèle des forces de l’ordre, accompagné de quolibets et de remarques déplacées,
ne s’applique pas par contre aux agresseurs desdites dames qui selon les témoignages agissent parfois sous
les yeux de la police sans que celle-ci n’intervienne. Les prostituées
déplorent enfin que leurs appels à la police en cas d’agression ne soient pas
suivis d’effet.
Excédées par cette situation les travailleuses
du sexe se sont mobilisées et ont défilé, encadrées par l’association Cabiria
dont la présidente Florence Garcia a dénoncé « la répression policière
très forte alors que la prostitution n’est pas interdite ». Karen, la présidente du STRASS a elle appelé à « arrêter le harcèlement »
en précisant qu’elle et ses collègues n’étaient pas des « délinquants »
et « s’attaquaient à un Etat dirigé par des politiciens à la moralité
douteuse ».
La manifestation sous le soleil
et les regards goguenards des passants de l’avenue Jean Jaurès a rejoint la
préfecture où une délégation de quatre personnes a été reçue. A noter que les
policiers qui l’escortaient ont été d’une correction exemplaire à l’égard de
ces dames. Seul l’un d’eux se sentant menacé par un photographe s’est laissé
aller à des menaces déplacées et agressives, offrant un bon exemple de ce que
les prostituées peuvent subir par ailleurs.









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