Johad mode d'emploi
Pour ralentir les flux de la mousson
et en stocker les eaux, TBS travaille sur trois types de structures :
- le johad, construction la
plus répandue est la plus facile à mettre en œuvre. Cette levée en terre et pierres de
forme semi-circulaire permet la formation d’un bassin à sa base. La butte
est parfois arborée pour la stabiliser et procurer une ombre limitant
l’évaporation. Il arrive que la partie centrale du johad soit maçonnée,
permettant l’écoulement en cascade de l’eau dans un autre bassin, et ainsi de
suite.
- les anicuts sont des structures
basses qui barrent le lit des cours d’eau. Encore une fois, il s’agit de
ralentir le flux de l’eau très puissant en période de mousson, et de laisser à celle-ci
le temps d’infiltrer le sol.
- les barrages ou dams,
construits au plus près du relief, ferment généralement une cuvette montagneuse
et permettent la formation de petits lacs là ou l’eau n’aurait fait que
ruisseler. La retenue subsiste jusqu’à la saison chaude et permet au bétail et
à la faune sauvage de s’y abreuver.
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| Johad en terre et cailloux |
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| Anicut sur un cours d'eau saisonnier |
Ces réalisations font l’objet
d’études préalables concernant le type de sol, la disponibilité des matériaux,
la destination de la structure (eau potable, irrigation, bétail), ou encore
l’analyse du bassin hydrographique. Cependant, avant toute démarche, Gopal
Singh s’assure de la collaboration des villageois. « Nous testons leur
intérêt, explique l’ingénieur maison. Si nous les sentons prêts à participer,
alors on y va. » Bénéficiaires des johads, les villageois, éleveurs et
agriculteurs, sont en effet les principaux contributeurs à leur érection.
« TBS et les villageois se mettent ensemble pour la construction, continue
Gopal Singh. Les gens des villages y travaillent et embauchent des gens qu’ils
paient. Cela génère de l’emploi. De plus après la construction, ce sont eux
qui ont la responsabilité des structures. »
Le barrage de Bhaonta est un bon
exemple de cette collaboration. Erigé sur les hauteurs du village, il barre un
petit cirque de collines pierreuses. Sa construction a nécessité deux mille
seaux de ciments portés à dos d’homme, ou plutôt sur leur tête. L’eau puisée à
deux kilomètres a été apportée de la même manière. Pour cette réalisation,
chaque famille a fourni à la collectivité l’équivalent de cent jours de
travail. « Bahut accha kam hai » se félicite un pâtre en redescendant
ses brebis au village. Les bêtes se désaltèrent à une auge avec l’eau du puit
désormais tout proche. A côté une vieille femme verse de l’eau dans une pierre
creuse. « C’est pour les oiseaux, sourit Kanhaiya Lal, le directeur du
campus TBS originaire de Bhaonta. Si tu restes là ce soir, poursuit-il en désignant
un petit temple en surplomb, tu pourras voir les animaux de la forêt venir
boire. Des hyènes, des nilgaïs, et peut-être même des panthères. »
Cet investissement pour l’environnement,
le village l’a vu récompensé par une visite du Prince Charles d’Angleterre,
débarqué un jour de son hélicoptère pour inaugurer une fresque murale
représentant le bassin hydrographique de la région. Aujourd’hui, la peinture
est largement délavée, mais l’eau est restée, et c’est tout ce qui importe au
village.
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| Johad à la saison chaude |
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| Villageoise au travail sur un johad - Gopalpura |
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| Réfection d'un johad - Gopalpura |
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| Barrage de Bhaonta |
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| Kainaiya Lal (à dr.) avec des habitants de Bhaonta devant la fresque des johads |
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| Johad en rase campagne |
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| Anicut sur la rivière Ruparel |
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