mercredi 17 novembre 2010

Olympique Lyonnais : Retour sur une crise de croissance

Remonté à la huitième place du classement de ligue 1 après sa victoire contre Nice (1-0) dimanche soir, l’Olympique Lyonnais se relance doucement dans la course au titre. Une situation due à la fois à la bonne série en cours des lyonnais, et à un championnat dans lequel aucun des cadors présumés n’arrive à tirer son épingle du jeu. Mais si Bordeaux, Marseille, Lille ou encore Paris naviguent dans les mêmes eaux, aucun de ces clubs n’a essuyé de tempête comparable à celle qui a soufflé sur le septuple champion de France.
Pour la première fois de sa période récente, l’OL a été durement secoué en interne. Cette crise - comme on appelle de tels événements dans le milieu - qui a fait dérailler la direction du club, est révélatrice de ses difficultés à acquérir une réelle stature européenne.

Un Roi sans couronne

Habitué à être champion de France, l’Olympique Lyonnais supporte de moins en moins de voir d’autres lui succéder. Et ce au moment où des dizaines de millions d’euros ont été investis pour donner du ronflant à l’équipe. Les cadres historiques partis les uns après les autres, ont laissé la place à des supposées stars qui peinent pour l’instant à justifier le montant de leurs transferts et émoluments. L’arrivée de Claude Puel, un vieux rêve d’Aulas, devait propulser le club dans une autre dimension. Ça a été le cas, mais pas dans le bon sens. Car en plus de deux saisons vierges, l’OL a également perdu son fond de jeu pour devenir une équipe inconstante et peu spectaculaire à voir jouer.
Le départ de Juninho est à cet égard symbolique. Sans son Brésilien, acteur de tous les titres, le club a perdu plus qu'un joueur. Souvent décisif, rarement blessé, populaire, il avait fini par incarner l'âme du club. Le brillant meneur de jeu a laissé un vide au milieu de terrain qui ni Pjanic ni encore Gourcuff n'ont réussi à combler.

Clément Grenier, un des espoirs du club titulaire à deux reprises cette saison

Des erreurs de casting 

Il est loin le temps ou l’OL vendait ses petits jeunes au PSG ou à Monaco. Désormais c’est entre Rhône et Saône qu’atterrissent les meilleurs joueurs du championnat de France. Malheureusement, ils sont devenus de plus en plus chers, pour un rendement de moins en moins convaincant. Exit les Malouda, Essien ou Abidal. La filière franco-française ne donne plus les résultats escomptés. Keita a été un flop monumental, Bodmer n’a jamais montré à Lyon son talent lillois; de même Ederson, Gomis ou Makoun, sont en deçà de ce qu’ils réalisaient dans leurs clubs précédents. La filière brésilienne a connu les mêmes ratés avec les Fred, Cleber Anderson ou autres Fabio Santos.
Les échecs de tous ces titulaires en puissance ont affaibli durablement le club avec un effet retard que paie maintenant Claude Puel. Bernard Lacombe a beau jeu de critiquer l’ancien technicien lillois, sa responsabilité paraît  engagée dans ces recrutements hasardeux et les conséquences qui en découlent.

Quelles perspectives ?

Puel confirmé, Aulas redescendu dans l’arène, le club revient à un mode de fonctionnement qui a fait sa réussite. Cependant le président lyonnais aurait pu éviter ce psychodrame de début de saison en gardant son sang froid. Il n’y a rien d’infamant à perdre des matchs quand on fait du sport. Tous les grands clubs européens ont connu des périodes creuses. Le Bayern Munich, Real Madrid ou le Milan AC ont enchaîné des saisons sans titre ou ligue des champions et sont revenus au premier plan. Sans parler de la Juventus Turin reléguée en série B ou de Liverpool, champion d’Europe sans l’être dans son pays. Un grand club sait faire le dos rond quand tout ne tourne pas dans le bon sens et l’OL pourrait s’inspirer de ces exemples pour rentrer dans cette catégorie.
Pour ce Puel dispose des joueurs qu’il a voulus (Gourcuff, Briand, Lisandro, Bastos) et on peut estimer qu’après deux saisons pour refonder l’équipe, celle en cours sera celle des récompenses. Il peut en outre s’appuyer sur des jeunes pros de très bon niveau qui, on l’a déjà vu, peuvent être plus que des forces d’appoint.

1 commentaire:

  1. Regarder un match de football est une chose très excitante. Mon plus grand souhait est qu'un jour de porter des Nouveau maillot Lyon 2016, en regardant les athlètes sur le terrain de la concurrence.

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