Prise en flagrant délit de copinage avec un homme d’affaire tunisien proche du pouvoir, la ministre des affaires étrangères se retrouve dans une position des plus délicates. Ce qui lui vaut des demandes de démission de ses adversaires, et un soutien mesuré de ses collègues.
Tout ça pour avoir profité des largesses de cet « ami » qui a opportunément proposé quatre places de son jet privé à Alliot et sa suite afin qu’ils se rendent sur leur lieu de vacances tunisien. Dans un hôtel dont le propriétaire n’est autre que ce même ami. Bien sur il s’agit là de pure coïncidence et il ne faut pas s’imaginer que ce voyage avait été planifié.
Enfin bref, ce genre d’arrangement est pratique courante dans le milieu, et il serait passé inaperçu si dans le même temps, les Tunisiens n’avaient commencé à contester Ben Ali dans la rue.
La ministre aurait pu alors profiter de son séjour tunisien pour s’intéresser à ce qui se passait dans le pays. On sait maintenant, que si elle l'a fait, sa proximité avec les soutiers du régime a quelque peu altéré son jugement. Ce qui expliquerait son offre deux semaines plus tard, d’assistance aux autorités tunisiennes chargées de la répression. Alliot-Marie aurait-elle eu la même analyse de la situation si elle avait passé ses vacances dans une famille de vendeurs de fripes ?
Mais cela ne serait pas la première fois, et les Lyonnais le savent bien, qu’un ministre se fait trimballer en jet par un businessman. Ceux-ci connaissent bien l’intérêt qu’ils ont à se mettre des politiques dans la poche. Alliot-Marie ne trouve donc pas anormal ces habitudes. Non, ce qu’elle trouve choquant, c’est qu’on lui en fasse le reproche ! Allons donc, comme si elle n’avait de compte à rendre à personne.
Son dédain est symptomatique de la morgue des politiciens dès qu’on on ose discuter leurs petites combines. Ils ne se rendent plus compte de l’immoralité de leur comportement. Boutin avait eu une réaction similaire de bonne sœur outragée quand on lui avait reproché ses cumuls de salaires indécents. Alliot-Marie, elle, grenouille depuis trop longtemps dans les ministères et les officines ; sa corruption morale est profonde. Comment peut-il en être autrement quand les qualités nécessaires pour durer à ce niveau sont l’opportunisme, le calcul, et l’habileté aux complots. La révélation de nombre de ce genre d'histoires ces dernières années (Joyandet, Boutin, Sarko fils, Woerth ...), montre à quel point beaucoup dans le personnel politique ont perdu de leur discernement. Si l'habitude du pouvoir entraîne systématiquement ce genre de syndrome, il faudrait peut être sérieusement penser à changer quelque chose. Quitte à limiter la durée des mandats électifs et ministériels. On le fait bien pour le président de la république.
Quand à Ben Alliot, comme Ben Ali, elle a assez duré. Personne ne croit qu’elle soit indispensable à la France, ni qu’elle soit la meilleure à son poste. Alors l’ultime faveur qu’elle pourrait faire au pays, serait de remonter dans le jet de son ami et qu’ils aillent tous les deux rejoindre le bon Ben Ali qui doit commencer à trouver le temps long en Arabie Saoudite.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire