Dans le Nord de l'Inde, le travail de Tarun Bharat Sangh a ramené la vie en remettant au goût du jour les systèmes traditionnel de collecte de l'eau. Cette réussite environnementale réalisée sans grands moyens pourrait inspirer d'autres régions.
« Avant, même quand il pleuvait fort, l’eau ne restait pas plus d’une heure. » Chotelal Mina désigne un vallon luxuriant au milieu duquel une nappe d’eau s’étire, puis s’élargit pour former un petit lac auprès duquel paissent des buffles. La température atteint les quarante-cinq degrés et l’air brûlant noie dans ses brumes la piste qui serpente vers la jungle de Sariska. Trouver de l’eau dans ces conditions, au cœur de la saison sèche, quand toute l’Inde tire la langue, relève du mirage. Mais ce miracle est rendu possible grâce au petit barrage érigé entre deux escarpements à l’endroit où le vallon se termine. En empêchant les pluies violentes de la mousson de se ruer dans la gorge, il a favorisé le stockage de l’eau qui a pu subsister en surface et s’infiltrer dans les sols tout au long de l’année.
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| Paysage des Monts Aravalis (coordonnées google earth : 27°14'47.64"N, 76°17'26.05"E) |
Ce genre de constructions, Tarun
Bharat Sang en a érigé des milliers dans le district d’Alwar, une région
semi-aride du Rajasthan à quelques deux cents kilomètres au sud de Delhi .
Depuis un quart de siècle, cette organisation locale dont Chotelal Meena est un des activistes, a repris puis développé sur une large échelle, le principe traditionnel du johad. Ces levées en terre ou en briques, construites sur le passage des eaux de ruissellement « n’ont rien de nouveau, confirme Gopal Singh, le discret ingénieur de TBS. Le concept est le même que celui des barrages du temps du Raj. Avant l’indépendance, les gens s’occupaient des johads, puis le gouvernement s’est occupé de tout et les johads sont tombés en désuétude. » Résultat, au milieu des années quatre-vingt, la région est classée en « dark zone » par le gouvernement indien à causes de sécheresses persistantes. Pas d’eau signifie peu d’agriculture, des hommes partis en ville s’employer comme journaliers, et des enfants - notamment les filles - désertant l’école pour aider leurs mères aux tâches agricoles.
Depuis un quart de siècle, cette organisation locale dont Chotelal Meena est un des activistes, a repris puis développé sur une large échelle, le principe traditionnel du johad. Ces levées en terre ou en briques, construites sur le passage des eaux de ruissellement « n’ont rien de nouveau, confirme Gopal Singh, le discret ingénieur de TBS. Le concept est le même que celui des barrages du temps du Raj. Avant l’indépendance, les gens s’occupaient des johads, puis le gouvernement s’est occupé de tout et les johads sont tombés en désuétude. » Résultat, au milieu des années quatre-vingt, la région est classée en « dark zone » par le gouvernement indien à causes de sécheresses persistantes. Pas d’eau signifie peu d’agriculture, des hommes partis en ville s’employer comme journaliers, et des enfants - notamment les filles - désertant l’école pour aider leurs mères aux tâches agricoles.
C’est à cette époque que
débarquent à Gopalpura, un petit village bordés de collines abruptes, une poignée d’idéalistes décidés
à donner un coup de main pour scolariser les enfants. Mais ils déchantent bien vite devant l’opposition des
villageois. « Les enfants n’iront pas à l’école, nous avons besoin d’eux,
ce qu’il nous faut, c’est de l’eau. » prévient Mangu Meena un des anciens
qui entreprend de leur expliquer le principe de la collecte de l’eau.
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| Retenue de Devri. Le bétail broute le jour et la nuit les panthères s'y abreuvent ( 27°17'44.86"N, 76°28'8.39"E) |
Dépités les activistes s’en vont
et seul l’un d’eux, Rajendra Singh, fonctionnaire à Jaipur, s’attelle à la
tâche d’élever un johad. « J’ai commencé à creuser pendant un an, se
souvient celui qui est aujourd’hui connu en Inde comme le Waterman. Mangu Meena m’avait
indiqué où prendre la terre et où compacter. »
Rapidement, la nouvelle de ces
travaux se répand dans les Monts Aravalis et on vient solliciter Rajendra Singh
qui à son tour est rejoint par des paysans. Les johads se multiplient à des
kilomètres à la ronde.
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| Jeunes villageois des Monts Aravalis |
« Au bout d’un an, poursuit
Singh, un peu d’eau avait été collectée, mais l’impact visuel a été
significatif au bout de quatre ans. » A ce moment les nappes se sont
suffisamment rechargées pour autoriser des cultures plus conséquentes. Les
hommes rentrent des villes et tout un cycle vertueux s’enchaîne. L’humidité des
sols permet aux forêts de se régénérer ce qui procure de la nourriture aux
chèvres. Le niveau d’eau dans les puits remonte en flèche et autorise un
approvisionnement régulier qui libère les enfants et les femmes de cette tâche
harassante. Les paysans peuvent planter une deuxième récolte et du
fourrage pour leurs buffles. Toute l’économie agricole se remet en branle.
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| Johad de forme concave. L'eau reste stockée jusqu'à la saison chaude |
A suivre...




Un peu d'espoir enfin pour ces gens qui ont fini de subir et qui ont compris...Compris que rien n'est inéluctable.Avec beaucoup de courage , et surtout de l'obstination, ils en viennent à dominer la nature et à vivre décemment.Merci de nous avoir redonne unpeu de courage en l'homme,qui dans notre société occidentale attend passivement que ce soit les autres qui réagissent pour eux...Les autres toujours les autres.Il faut se remettre en question, regarder autour de soi , se retrousser les manches, pour avancer être fier de soiet enfin pouvoir espérer.Faites nous parvenir encore de nombreux témoignages de ces populations.
RépondreSupprimerMerci. Je travaille à la suite de cette série bientôt en ligne sur le blog.
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