Il vous reste quelques cadeaux à faire et le temps presse. Voici quelques livres à dénicher dans les librairies lyonnaises. Et avant de vous jeter dans la fournaise des grandes enseignes, pensez aux petites librairies de quartier comme Passage rue de Brest, Vivement Dimanche à la Croix-Rousse ou La librairie du Tramway vers la place Guichard.
Aventure : Tragédie à l’Everest de Jon Krakauer (Ed 10/18. 7,90 €)
Auteur du célèbre Into the wild, Krakauer fait cette fois le récit d’une ascension de l’Everest effectuée en 1996 en tant qu’envoyé spécial du magazine américain Outside. Embarqué dans une des expéditions commerciales qui se succèdent sur le toit du monde, il décrit en témoin la catastrophe entraînant la mort de huit alpinistes. En plus de jeter un éclairage sur le business autour de l'Everest et des motivations de ceux qui l'escaladent, Krakauer retrace de façon haletante l'enchaînement qui a conduit au drame. Cette tragédie - loin d'être isolée - est retranscrite de manière claire mais non exhaustive, en fonction des souvenirs et témoignages des protagonistes. C'est aussi un hommage aux hommes, avec ce qu'ils ont de bravoure et de courage. Des hommes mis à nu par le grand révélateur de la Nature.
Polar : La trilogie Berlinoise de Philippe Kerr (Le livre de Poche. 9,90 €)
Compilation de trois enquêtes de Bernie Gunther, détective berlinois dans l’Allemagne nazie. Confronté à la clique du parti avant la guerre, aux services secrets russes et américains après elle, Gunther traverse les périodes sans illusion, mais avec courage et opportunisme. Les décors sont originaux pour des romans policiers : Kerr les plante dans le Berlin des JO de 1936, la Vienne dévastée de 1947, en passant par les salons de la bonne société nazie d’avant guerre. Entre Histoire et histoires, l’écrivain écossais nous tient en haleine sur plus de 1000 pages bien écrites, chose assez rare dans cette catégorie.
Ecolo : Quand meurent les grands fleuves de Fred Pearce (Ed Calmann-Lévy. 19,50 €)
Fred Pearce, un journaliste anglais spécialisé des questions d'environnement établit un tour d'horizon des ressources en eau douce de notre planète. Et le constat est alarmant : presque partout les hommes font l'inverse de ce qu'il faut faire pour les maintenir en bon état. Que ce soit la pollution, la canalisation des cours d'eau, le pompage excessif des nappes, le gaspillage par l'irrigation, tout concourt à rendre la ressource plus rare. Pearce revient sur des années de management de l'eau sur tous les continents qui n'ont pour résultat que de fragiliser l'approvisionnement en eau au mieux, et au pire d'entraîner des catastrophes majeures (disparition de la mer d'Aral ou du lac Tchad, salinisation des terres, désertification ou inondations gigantesques.) On reste étonné de la propension de l'homme à tout faire en dépit du bon sens. Le livre aborde les différentes problématiques liées à l'eau (barrage, agriculture, eau potable...) nourries des nombreux déplacements sur le terrain de l'auteur. La lecture est agréable sans être trop théorique.
Français : Le premier homme d’Albert Camus (Ed Gallimard / Folio. 6,10 €)
Roman posthume de Camus, il y travaillait lorsqu’il est mort et a été publié grâce à sa fille. Jacques, orphelin de la grande guerre, grandit dans l’Alger des pieds noirs entre sa mère et son oncle. On devine la portée autobiographique de ce texte d’une remarquable humanité. Hommage aux siens intelligent et sensible, Le premier homme est un chef d’œuvre qui ravira même ceux qui ont trop entendu parler de Camus en 2010.
Russe : La corde et la pierre d’Arkadi et Gueorgui Vaïner (Ed Gallimard / Folio. 8,40 €)
Injustement méconnus, les romans des frères Vaïner ne sont pas tant des polars que des œuvres politiques. A travers la quête d’Aliocha, un fils d’apparatchik, pour retrouver les assassins du père d’une jeune juive, c’est tout un système qui est décortiqué par les auteurs. L’absurdité soviétique, sa cruauté transpirent dans toutes les pages de ce petit bijou du niveau d’un Soljénitsyne ou d’un Grossman (oui, oui).
Indien : Le trône du paon de Sujit Saraf (Ed Grasset & Fasquelle. 23 €)
Le trône du Paon est à Dehli ce que le Seigneur de Bombay est à Bombay, une plongée dans une grouillante mégalopole indienne. Sur une période de quatorze ans (1984 à 1998), Sujit Saraf revisite l'histoire politique récente du pays à travers une galerie de personnages hauts en couleurs. Gopal le vendeur de thé entraîné malgré lui dans tous les soubresauts de cette période, Gulmohar la prostituée de GB road, Ramvila le Rastignac désargenté et lubrique prêt à tout pour s'élever de la masse, les flics véreux, les politicards sans scrupules, les gamins des rues, tous ces destins se mêlent et se croisent pour donner une fresque foisonnante.
Saraf dresse le tableau d'une société hyper-hiérarchisée et cruelle, en même temps que des vieux quartiers de Dehli dans lesquels tous ces gens se croisent et se défient. Un bouquin utile pour comprendre l'Inde même si certaines situations peuvent apparaître caricaturales. Mais contrairement à ce que l'on peut s'imaginer, l'Inde est un pays extrêmement violent. Un roman qui aide à décrypter ce monde indien si complexe et un très bon coup d'essai pour Sujit Saraf.
Saraf dresse le tableau d'une société hyper-hiérarchisée et cruelle, en même temps que des vieux quartiers de Dehli dans lesquels tous ces gens se croisent et se défient. Un bouquin utile pour comprendre l'Inde même si certaines situations peuvent apparaître caricaturales. Mais contrairement à ce que l'on peut s'imaginer, l'Inde est un pays extrêmement violent. Un roman qui aide à décrypter ce monde indien si complexe et un très bon coup d'essai pour Sujit Saraf.
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| Le petit peuple de Delhi dans le premier roman de Sujit Saraf |


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